Paris – Le ministre des Armées Sébastien Lecornu, désigné mardi soir comme coordinateur interministériel par la Première ministre Élisabeth Borne, a tenu sa première conférence de presse mercredi matin à l’hôtel de Brienne pour faire le point sur la situation sanitaire liée à la circulation de l’hantavirus dans plusieurs départements français.
Une cellule interministérielle de crise (CIC) a été activée à Beauvau, regroupant les ministères de la Santé, de l’Intérieur, de l’Agriculture et de la Transition écologique. « L’objectif est clair : éviter toute panique tout en garantissant une réponse sanitaire à la hauteur des préoccupations légitimes de nos concitoyens », a déclaré le ministre.
Trois départements particulièrement surveillés
Selon les données communiquées par Santé publique France, les Ardennes, la Meuse et la Haute-Marne enregistrent à eux trois plus de 70 % des cas suspects signalés ces deux dernières semaines. Au total, 134 personnes ont fait l’objet d’une prise en charge médicale, dont 18 ont nécessité une hospitalisation. Aucun décès n’a été déploré à ce stade, selon le bilan officiel actualisé ce mercredi matin.
L’hantavirus est transmis à l’homme principalement par contact avec les urines, salives ou excréments de petits rongeurs sauvages, notamment le mulot sylvestre. La pathologie, dans sa forme européenne, se traduit par une fièvre soudaine, des douleurs musculaires intenses et, dans les cas les plus sévères, par une atteinte rénale dite « néphropathie épidémique ».
Campagne d’information massive lancée
Le ministre Lecornu a annoncé le déclenchement d’une vaste campagne d’information à destination du grand public, notamment auprès des forestiers, des agriculteurs, des chasseurs et des particuliers résidant en zone rurale. Des affiches seront déployées dans les mairies, les centres médicaux et les fédérations de chasse des départements concernés.
« Nous avons appris des crises sanitaires précédentes que la transparence est notre meilleur allié contre la psychose », a souligné Sébastien Lecornu, en référence implicite aux difficultés rencontrées lors de la pandémie de Covid-19. Un numéro vert (0 800 130 000) a été mis en service dès mardi soir pour répondre aux interrogations des citoyens.
Le ministre a également indiqué que des moyens supplémentaires de Santé publique France seront déployés dans les départements à risque, avec l’envoi d’épidémiologistes de terrain chargés de cartographier les foyers de circulation virale. Une réévaluation de la situation aura lieu chaque vendredi, selon un protocole rendu public par Matignon.
Du côté de l’opposition, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la convocation d’une commission d’enquête parlementaire afin d’évaluer la préparation française aux risques zoonotiques émergents. Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a notamment estimé que la France « doit tirer toutes les leçons de la mosaïque de menaces sanitaires » qui se profilent.
