Nice – L’INSEE a publié le 13 mai dernier les chiffres définitifs de l’inflation française pour le mois d’avril : +2,2% en glissement annuel, mesurés sur l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui sert de référence européenne. Après un point bas à +0,3% en janvier 2026, l’inflation française connaît donc une accélération progressive : +0,9% en février, environ +1,4% en mars, et désormais 2,2% en avril.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les prévisions du Ministère de l’Économie et de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) convergent vers une moyenne glissante autour de 1,8% à 1,9%. Un niveau très éloigné des pics de 2022-2023 (7-8%) mais légèrement au-dessus de la cible de 2% de la Banque centrale européenne.
BCE : taux directeurs stables depuis onze mois
De son côté, la Banque centrale européenne maintient ses taux directeurs inchangés depuis juin 2025. En mai 2026, le taux de refinancement principal s’établit à 2,15%, le taux de la facilité de dépôt à 2,00% et le taux de prêt marginal à 2,40%. Le Conseil des gouverneurs, réuni pour la dernière fois le 19 mars 2026, a confirmé cette orientation : stabilité, approche réunion par réunion, dépendance aux données.
Le 4 mai dernier, Christine Lagarde a publié le Rapport annuel 2025 de la BCE. La présidente y salue le retour de l’inflation européenne à la cible de 2% : « En 2025, la BCE a réussi à ramener l’inflation à un niveau conforme à son objectif de 2% à moyen terme, après qu’une succession de crises — pandémie, répercussions économiques de l’invasion injustifiée de l’Ukraine par la Russie — l’avait portée à des niveaux record fin 2022. Ce resserrement a porté ses fruits. »
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait souligné la position relativement accommodante de la BCE : « Notre Conseil des gouverneurs autour de sa présidente Christine Lagarde a décidé de maintenir son taux directeur à 2%, nettement plus bas que la FED américaine et la Banque d’Angleterre (à 4%). »
Conséquence pour la Riviera : pouvoir d’achat touristique en hausse
Pour l’économie de la Côte d’Azur, fortement adossée au tourisme premium international, cette équation est plutôt favorable. Les clientèles transatlantiques (États-Unis, Canada) bénéficient d’un dollar relativement fort face à un euro plus accommodant (parité EUR/USD autour de 1,06-1,08), ce qui renforce leur pouvoir d’achat sur place. Les clientèles britanniques, post-Brexit, profitent également d’un livre solide face à l’euro (parité GBP/EUR autour de 1,18).
Sur le marché immobilier régional, les conditions de crédit en France oscillent entre 3,1% et 3,8% sur 20 ans selon les profils. Pour les acheteurs français primo-accédants, la solvabilité s’améliore lentement. Pour les acheteurs étrangers cash, ces conditions importent peu — leur arbitrage se fait surtout sur les écarts de prix entre Riviera française et destinations alternatives (Sardaigne, Costa Brava, Algarve, Marbella).
Anticipations 2026-2027
Les prévisions internes de la BCE, publiées en décembre 2025, anticipent une inflation sous-jacente moyenne de 2,2% en 2026, avant un retour progressif vers 2,0% en 2028. Le sondage Reuters de janvier 2026 indique que 85% des économistes interrogés anticipent un maintien des taux inchangés jusqu’à la fin de l’année 2026.
Pour la Riviera, qui vit du tourisme international à hauteur de 35-40% de son économie selon les données du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette stabilité monétaire constitue un facteur de prévisibilité bienvenu après plusieurs années de turbulences.
