Nice – La police judiciaire de Nice a procédé mercredi matin à l’interpellation de quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans la fusillade qui a éclaté dans la nuit de mardi à mercredi au cœur du quartier des Moulins, classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Selon une source proche de l’enquête, le principal suspect figure parmi les individus placés en garde à vue dans les locaux du SRPJ.
Les faits remontent à environ 23 h 40. Plusieurs détonations ont été entendues à proximité de la place Saint-Augustin, alertant les riverains qui ont aussitôt prévenu les services de secours. À leur arrivée, les fonctionnaires de la Brigade anticriminalité (BAC) ont découvert douze douilles de calibre 9 mm sur la chaussée et un véhicule criblé d’impacts stationné devant un immeuble du boulevard Paul-Montel.
Un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants
Selon les premiers éléments rassemblés par les enquêteurs, la fusillade s’inscrirait dans un contexte de règlement de comptes sur fond de différend autour d’un point de deal du quartier. Aucune victime n’a été touchée par les tirs, ce que les policiers qualifient de « véritable miracle » compte tenu du nombre d’impacts relevés sur la façade et les véhicules stationnés à proximité.
« Nous sommes face à une montée en intensité préoccupante de la violence armée dans certains quartiers de la ville », a déclaré le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, lors d’un point presse organisé en milieu de matinée. Le magistrat a confirmé que l’enquête a été confiée à la section criminelle du parquet et que des prélèvements balistiques sont en cours d’analyse.
Une présence policière renforcée annoncée
En réaction à cet épisode, le maire de Nice Christian Estrosi a annoncé sur le réseau social X qu’il avait demandé au préfet des Alpes-Maritimes un renfort immédiat de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) dans le secteur. La présence policière dans les Moulins sera également renforcée par des patrouilles mixtes police nationale-police municipale jusqu’à nouvel ordre.
Les habitants du quartier, traumatisés par la violence des faits, ont exprimé leur ras-le-bol auprès des élus locaux. Une réunion publique de concertation sera organisée la semaine prochaine en présence du préfet et du procureur, afin de présenter aux riverains les mesures concrètes envisagées pour endiguer la spirale.
Les gardes à vue peuvent durer jusqu’à 96 heures dans le cadre des infractions liées à la criminalité organisée. À l’issue de cette période, le parquet décidera des suites judiciaires à donner — défèrement devant un juge d’instruction ou remise en liberté éventuelle pour ceux contre lesquels les charges ne seraient pas suffisamment caractérisées.
