Nice – Sept semaines après la passation des pouvoirs du 27 mars 2026, Éric Ciotti a pris ses marques à l’hôtel de ville de Nice. Le député des Alpes-Maritimes succède à Christian Estrosi, qui aura dirigé la cinquième ville de France pendant huit années consécutives, de mai 2017 à mars 2026 – auquel s’ajoute un premier mandat entre 2008 et 2016.
Le départ d’Estrosi marque la fin d’une époque pour la cité méditerranéenne. Ancien ministre, ancien président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (2015-2017), figure historique de la droite niçoise, Estrosi laisse derrière lui une ville profondément transformée : extension du tramway, requalification du centre-ville, programme « Nice Promenade du Paillon », et un positionnement international affirmé en matière de tourisme de luxe et de MICE.
Une succession préparée mais politiquement complexe
Le passage de relais entre Estrosi et Ciotti n’a rien d’évident sur le plan politique. Si les deux hommes partagent un ancrage à droite et une connaissance fine du tissu local, leur trajectoire et leur style diffèrent. Estrosi avait construit Horizons, force charnière entre la majorité présidentielle et la droite traditionnelle. Ciotti, ancien président des Républicains de 2022 à 2024, avait opté pour une alliance électorale avec le Rassemblement national aux législatives de 2024 – choix qui avait provoqué une rupture profonde au sein des LR.
Sept semaines après son investiture, le nouveau maire doit donc composer avec un conseil municipal hétérogène, dans une métropole où la majorité présidentielle conserve une influence non négligeable, notamment via les conseillers issus de la mouvance Horizons.
Les dossiers en attente
Plusieurs grands chantiers attendent Éric Ciotti dans ses premiers mois de mandat. Premier dossier : la candidature au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le verdict est attendu courant 2026 et qui mobilise les services de l’État, de la Métropole et de la Ville. Deuxième : la consolidation de l’écosystème universitaire et numérique, en particulier l’extension du campus Saint-Jean-d’Angély et l’arrivée de nouveaux acteurs autour de l’intelligence artificielle.
Le troisième dossier est plus politique : la position de Nice dans le débat national sur la sécurité urbaine. Estrosi avait fait du sujet une marque de fabrique, avec 3 600 caméras de vidéosurveillance et une police municipale forte de plus de 700 agents – la plus importante de France après Paris. Ciotti, profil historiquement positionné sur ces enjeux, devra à la fois capitaliser sur l’existant et trancher sur l’évolution du dispositif.
L’attractivité économique en ligne de mire
Sur le front économique, le nouveau maire hérite d’une dynamique solide. L’inauguration de la ligne Delta Boston-Nice ce dimanche, le succès continu du Carnaval (1,2 million de visiteurs en février 2026), et la perspective des IRONMAN World Championships à Nice en septembre, témoignent d’un cycle d’expansion touristique que la nouvelle équipe entend préserver.
La pression budgétaire reste néanmoins forte. Avec un déficit public national projeté à 5,4 % du PIB et le Plan de Loi de Finances 2026 imposant des arbitrages serrés sur les dotations aux collectivités, Nice devra absorber des contraintes financières accrues sans renoncer aux grands projets engagés.
Le calendrier des municipales 2026
Les élections municipales se tiendront en mars 2026 dans plusieurs villes de la métropole. Pour Éric Ciotti, le calendrier est compté : il doit installer son équipe, marquer ses premières inflexions stratégiques et préparer une majorité élargie pour les scrutins à venir. La période actuelle, transitoire mais déterminante, façonnera la suite du mandat.
