La direction de l’aéroport Nice Côte d’Azur a présenté lundi ses résultats du premier trimestre 2026 et ses perspectives pour l’ensemble de la saison lors d’une conférence de presse tenue en présence du président du Conseil Régional et du maire de Nice. Les chiffres confirment une dynamique exceptionnelle : 3,2 millions de passagers ont transité par l’aéroport au cours des trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 11% par rapport au premier trimestre 2025 — lui-même déjà une période record. La plateforme, deuxième aéroport de France après Paris-Charles de Gaulle et Orly, se donne désormais pour objectif de franchir pour la première fois le seuil symbolique des 15 millions de passagers annuels en 2026.
La progression est portée par plusieurs facteurs convergents. L’ouverture de nouvelles liaisons directes depuis des marchés émetteurs stratégiques est l’un des principaux : depuis janvier 2026, Nice est reliée en vol direct à Riyad (Saudi Arabian Airlines), à Doha (Qatar Airways, avec un doublement des fréquences), à Chicago (United Airlines, inaugurant sa liaison saisonnière dès le mois d’avril) et à Toronto (Air Canada, à partir de juin). Ces nouvelles liaisons long-courrier complètent un réseau déjà dense vers l’Amérique du Nord, le Golfe et l’Asie du Sud-Est, positionnant Nice comme une porte d’entrée incontournable sur la Méditerranée pour la clientèle internationale aisée.
La dynamique du trafic intérieur est également robuste, tirée par le tourisme d’affaires et les déplacements liés aux événements majeurs de la région. La multiplication des congrès et salons professionnels dans le Palais des Congrès Acropolis de Nice — dont le salon international de l’intelligence artificielle Nice-AI-World, qui attire depuis 2025 plus de 25 000 professionnels chaque printemps — génère un flux régulier de voyageurs d’affaires à haute valeur ajoutée. La clientèle des jets privés, qui utilise le terminal dédié de l’aéroport, a progressé de 17% sur un an, confirmant la Côte d’Azur comme l’une des premières destinations européennes pour l’aviation d’affaires.
La direction a également annoncé l’avancement du projet d’extension du terminal 2, qui verra ses capacités d’accueil augmentées de 30% d’ici 2028. Les travaux, dont le coût total est estimé à 380 millions d’euros financés en partenariat entre la société Aéroports de la Côte d’Azur, la Région Sud et des investisseurs privés, permettront notamment la création de douze nouvelles passerelles d’embarquement, d’un salon grandes lignes agrandi et d’une zone commerciale premium repensée avec des enseignes de luxe. Pendant la phase de travaux, prévue de septembre 2026 à juin 2028, des mesures d’organisation spécifiques limiteront l’impact sur les passagers.
Sur le plan environnemental, Nice Côte d’Azur Aéroport a présenté son plan de transition énergétique 2026-2030, qui prévoit notamment le déploiement de 85 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur les toitures des terminaux et des parkings, la conversion de l’ensemble de la flotte de véhicules piste à l’électrique d’ici fin 2027, et le raccordement de la plateforme à un réseau de chaleur urbaine alimenté par géothermie. Ces investissements permettront, selon la direction, de réduire les émissions directes (scope 1 et 2) de l’aéroport de 65% d’ici 2030 — bien au-delà des exigences du programme Airport Carbon Accreditation de niveau 4.
La desserte ferroviaire de l’aéroport reste un point sensible. La ligne de tramway qui relie depuis 2019 le terminal 1 au centre de Nice présente des temps de trajet de 35 à 45 minutes jugés peu compétitifs par les voyageurs. Un projet de liaison ferroviaire rapide permettant de relier l’aéroport à la gare de Nice-Ville en moins de 15 minutes est à l’étude depuis plusieurs années, mais son financement et son tracé font l’objet de discussions complexes entre les collectivités locales, la SNCF et l’État. Une décision de lancement est espérée avant la fin 2026.
— François Leblanc, Riviera Presse
