L’aéroport Nice Côte d’Azur, deuxième plateforme aéroportuaire française hors Île-de-France, achève l’extension de son Terminal 2. Avec une capacité portée à 18 millions de passagers par an (contre 14 millions auparavant), l’infrastructure azuréenne se prépare à absorber la croissance soutenue du trafic touristique tout en accompagnant le développement du tourisme d’affaires lié à Sophia Antipolis et à la candidature de Nice à de grands événements internationaux.
Une infrastructure stratégique pour la Côte d’Azur
Géré par la société Aéroports de la Côte d’Azur, le terminal a fait l’objet d’un vaste chantier de modernisation lancé fin 2023. Au programme : extension de la zone d’embarquement, ajout de nouvelles passerelles télescopiques, modernisation des contrôles de sûreté, refonte des circulations et création d’un nouveau salon premium. Les investissements totaux dépassent les 250 millions d’euros sur cinq ans. L’enjeu est d’accompagner la stratégie touristique de la Région et de la Métropole Nice Côte d’Azur, qui visent une consolidation de l’économie des congrès et conventions d’affaires.
Tris des bagages et flux passagers automatisés
L’extension intègre des dispositifs d’intelligence artificielle pour le tri et la traçabilité des bagages, avec un système de scanners standard 3 qui permet de passer les contrôles sans sortir liquides ni équipements électroniques de la valise. Des caméras couplées à des algorithmes de vision par ordinateur — développés en partenariat avec des entreprises de Sophia Antipolis — analysent en temps réel les flux de passagers pour ajuster l’ouverture des portiques de sécurité aux pics d’affluence. Plusieurs services aux passagers (checklist de voyage, suggestions de boutiques et restauration, navigation intérieure) reposent sur des moteurs de recommandation basés sur l’IA.
Nouvelles destinations et compagnies
Au programme du printemps-été 2026, l’aéroport accueille de nouvelles lignes vers le Moyen-Orient et l’Amérique du Nord, en plus du renforcement des fréquences vers les principales capitales européennes (Londres, Berlin, Madrid, Rome, Amsterdam, Vienne). Les compagnies à bas coûts (easyJet, Ryanair, Volotea, Transavia) maintiennent leur présence dominante sur les vols intra-européens, tandis qu’Emirates, Delta et Air Canada renforcent l’offre long-courrier. Le trafic affaires des jets privés, particulièrement dynamique pendant le Festival de Cannes et les épreuves de Formule 1 monégasques, connaît un nouveau record en mai 2026.
Question environnementale : un défi pour la croissance
L’expansion du trafic aérien azuréen reste critiquée par les associations environnementales. L’aéroport répond par un plan de décarbonation qui vise la neutralité carbone des opérations au sol à horizon 2030 (énergies renouvelables, véhicules électriques sur tarmac, récupération de chaleur). La question des carburants durables d’aviation (SAF) reste centrale : à ce jour, leur utilisation représente moins de 2 % du carburant consommé sur la plateforme niçoise, mais des accords avec Air France et Lufthansa visent à monter à 10 % d’ici 2030.
— François Leblanc, Riviera Presse
