Il y a un an, l’OGC Nice terminait à une remarquable quatrième place en Ligue 1 sous la direction de Franck Haise, se qualifiant pour la Ligue des Champions avec l’enthousiasme d’un club en plein renouveau. Douze mois plus tard, le tableau est radicalement différent : quinzièmes au classement à cinq journées de la fin de la saison 2025-2026, les Aiglons ne se battent plus pour l’Europe mais pour conserver leur place en Ligue 1. Une chute vertigineuse qui a secoué tout le club azuréen et ses dizaines de milliers de supporters.
La saison a mal débuté. Éliminés dès le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions par Benfica — deux défaites 2-0 sans appel — les Niçois ont rapidement décroché en Ligue 1. Trois défaites lors des sept premières journées, dont des revers cuisants contre Toulouse, Le Havre et Brest, ont installé le doute. Un mois d’octobre plus encourageant, avec des victoires contre Lyon, Rennes et Lille, avait laissé espérer un redressement. Mais l’hiver a tout effacé : six défaites consécutives entre novembre et la trêve de décembre ont conduit au départ de Franck Haise, séparé du club dans une atmosphère tendue.
La situation a été aggravée par deux incidents extra-sportifs qui ont durablement empoisonné l’ambiance. En novembre, l’attaquant Terem Moffi et l’ailier Jérémie Boga ont été pris à partie par des supporters niçois dans des circonstances qui ont choqué le football français. Les deux joueurs ont quitté le club dès le mercato hivernal : Moffi a rejoint le FC Porto et Boga s’est engagé avec la Juventus. Ces départs ont laissé des traces profondes dans le vestiaire et affaibli un effectif déjà en manque de confiance.
Claude Puel, ancien entraîneur de Saint-Étienne, Lyon et Leicester City notamment, a pris les rênes du club en janvier 2026 avec un mandat clair : maintenir les Aiglons en Ligue 1. L’ancien technicien, reconnu pour ses qualités défensives et son calme en situation de crise, a progressivement remis de l’ordre dans le groupe. L’arrivée en prêt de l’attaquant Elye Wahi depuis l’Eintracht Francfort a apporté un vent de fraîcheur offensif : avec 4 buts et 2 passes décisives en 12 rencontres, le jeune attaquant ivoirien est l’une des rares satisfactions de cette deuxième partie de saison.
Mais à cinq journées du terme, la situation reste précaire. Avec 4 points d’avance seulement sur le barragiste — Auxerre pointe au 16e rang — et un calendrier particulièrement redoutable, les Niçois sont condamnés à performer. Ils devront se déplacer à Lille, Marseille et Auxerre, tout en recevant Lens et Metz à l’Allianz Riviera. Autant de rendez-vous à forts enjeux dans lesquels l’erreur n’est pas permise. Sur leurs dix dernières journées de Ligue 1, les Aiglons n’ont remporté qu’un seul match, pour trois nuls et six défaites — dont des déroutes 4-0 contre Rennes et le PSG.
Une autre complexité s’ajoute à l’équation : Nice est encore en lice en Coupe de France. Demi-finalistes, les Aiglons se déplaceront à Strasbourg pour une rencontre qui pourrait intervenir en plein cœur du sprint final du championnat. Si Nice atteignait la finale prévue le 23 mai, la Coupe constituerait un objectif secondaire mais bienvenu — voire vital pour décrocher un billet européen si le maintien venait à être assuré. Mais Claude Puel est clair sur l’ordre des priorités : le maintien en Ligue 1 prime sur tout le reste.
Le dirigeant Maurice Cohen, revenu aux commandes du club en cours de saison, a tenu un discours de transparence vis-à-vis des supporters. Il a confirmé que l’avenir de Claude Puel sur le banc est conditionné au maintien, et que le mercato estival devra être profondément revu — avec des ventes nécessaires pour combler le déficit structurel du club et des recrutements ciblés pour rebâtir un effectif compétitif. Le dossier Elye Wahi est au cœur des discussions : son prêt se terminant en fin de saison, aucune option d’achat n’est prévue dans le contrat, et des négociations avec Francfort ne pourront débuter qu’une fois la question du maintien réglée.
Pour les supporters niçois, cette saison cauchemardesque tranche douloureusement avec les ambitions affichées en début d’exercice. Le Gym, comme ils appellent affectueusement leur club, avait pourtant les cartes en main pour s’imposer durablement dans le paysage du football français et européen. Un mercato estival à 35 millions d’euros s’est révélé globalement décevant, à l’exception de Charles Vanhoutte et Kojo Peprah Oppong. La quasi-totalité des autres recrues n’ont pas répondu aux attentes, laissant un groupe déséquilibré et fragilisé dès les premières difficultés.
La prochaine étape décisive se joue le samedi 2 mai à l’Allianz Riviera contre RC Lens, l’une des équipes les plus en forme du championnat. Pour espérer aborder les dernières journées dans une position plus sereine, les Aiglons devront réaliser un résultat probant face aux Sang et Or. Les supporters, qui n’ont pas abandonné leur équipe malgré les déboires de la saison, sont attendus en nombre pour un match qui pourrait s’avérer déterminant dans l’histoire récente du club. Nice joue bien plus que trois points : c’est son avenir en Ligue 1 qui est en jeu.
— Sophie Marchand, Riviera Presse
