Date:?? CDC/ Cynthia Goldsmith, Luanne Elliott Transmission electron micrograph of Sin Nombre virus. Transmission electron micrograph of Sin Nombre virus. Hantavirus.
Au lendemain du rapatriement à l’aéroport du Bourget des cinq ressortissants français présents à bord du MV Hondius, navire de croisière d’expédition néerlandais au cœur d’une épidémie de hantavirus Andes, la ministre de la Santé est intervenue ce lundi 11 mai 2026 dans le journal télévisé de France 2 pour clarifier le mode de transmission de cette souche rare. « Cette souche peut se transmettre par aérosols, il faut des contacts rapprochés », a-t-elle affirmé, balayant les rumeurs d’un risque de propagation à grande échelle tout en justifiant le protocole d’isolement strict imposé aux cinq passagers.
Aérosols mais pas contagiosité communautaire
La précision de la ministre est cruciale. Si la transmission par aérosols évoque immédiatement les souvenirs collectifs de la pandémie de Covid-19, le hantavirus Andes appartient à une famille virale très différente. Selon les données disponibles à la Direction générale de la Santé, la transmission interhumaine de cette souche — réservoir naturel : le rat à queue longue des Andes patagoniennes — n’a été documentée que dans des contextes de contacts prolongés et rapprochés, notamment au sein de cellules familiales ou de personnels soignants exposés sans équipement de protection individuelle adéquat. « Il ne s’agit en aucun cas d’une situation comparable à celle qu’a connue la France en 2020 », a précisé un épidémiologiste de l’Institut Pasteur interrogé en marge du rapatriement.
Cinq Français à l’isolement, vol entaché par un cas symptomatique
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait confirmé dimanche soir, à l’arrivée de l’appareil au Bourget, qu’« un cas symptomatique » avait été identifié pendant le vol retour. Les cinq voyageurs français — qui auraient pu poursuivre leurs déplacements personnels après la levée du dispositif ténérifien — ont été placés en isolement immédiat dans un hôpital francilien et soumis à des tests confirmatoires. À l’heure où ces lignes sont publiées, aucune information officielle n’a indiqué si le cas symptomatique du vol était l’un des cas confirmés de la grappe initiale ou un nouveau diagnostic.
Huit cas confirmés, trois décès depuis le début de l’épidémie
Le bilan global de l’épidémie liée au MV Hondius est désormais stabilisé à huit cas confirmés et trois décès. Le navire avait quitté Ushuaïa, en Argentine, à la fin du mois de mars pour une croisière d’expédition antarctique de longue durée. La grappe initiale a été détectée mi-avril après que deux passagers nord-américains ont présenté des symptômes respiratoires aigus suivis d’un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus — forme clinique la plus sévère de l’infection, dont la mortalité atteint 35 à 40 % chez les patients hospitalisés. L’OMS, par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait rappelé en fin de semaine dernière que « la transmission interhumaine, bien que rare, n’est pas exclue et justifie une vigilance renforcée ».
Le débarquement de Ténérife : 23 nationalités, une logistique exceptionnelle
Dimanche 10 mai, le MV Hondius a accosté au port de Granadilla, à Ténérife, après plus de six semaines de quarantaine maritime. Vingt-trois nationalités étaient représentées à bord, ce qui a transformé l’opération de débarquement en exercice diplomatique et sanitaire de premier ordre. Les autorités espagnoles ont coordonné le tri médical avec les consulats de chaque pays, les compagnies aériennes affrétées, et l’Agence espagnole des médicaments. Les ressortissants américains ont été dirigés vers le Nebraska pour évaluation médicale, comme l’a rapporté NPR dimanche soir.
L’EU émet des lignes directrices pour les croisières
L’Union européenne a publié ce 11 mai des recommandations à destination des professionnels de santé publique, des soignants et du personnel de transport pour la gestion des passagers liés à l’épidémie de hantavirus du MV Hondius. Les lignes directrices couvrent les tests, la quarantaine et les mesures de protection. C’est la première fois depuis le Covid-19 qu’un protocole sanitaire européen est diffusé pour une croisière d’expédition. Le secteur des croisières d’expédition antarctiques, en pleine croissance depuis la fin de la pandémie, devra probablement renforcer ses propres protocoles d’embarquement, notamment l’examen médical pré-départ et la traçabilité des escales à risque.
Vigilance, mais pas inquiétude
Le message des autorités françaises est désormais double : vigilance épidémiologique strictement maintenue sur les cinq voyageurs rapatriés et leur entourage immédiat, mais pas de risque pour la population générale en l’absence de contacts prolongés. La ministre de la Santé a rappelé que les agences régionales de santé sont en alerte et que tout symptôme respiratoire ou syndrome grippal apparu chez les passagers ou leurs proches devra faire l’objet d’un signalement immédiat au 15. La séquence rappelle, à plus modeste échelle, les premiers jours de l’épidémie de Covid-19 en France — avec, cette fois, l’avantage d’une réponse précoce et coordonnée.
