Du 15 au 17 juin 2026, la station thermale d’Évian-les-Bains, lovée entre le lac Léman et les Alpes de Haute-Savoie, accueillera le 52e Sommet du G7. Sous présidence française depuis le 1er janvier 2026, la France a choisi de réunir les sept grandes puissances économiques mondiales dans ce cadre alpin exceptionnel, vingt-trois ans après le G8 d’Évian de 2003 présidé par Jacques Chirac et sept ans après le G7 de Biarritz qu’Emmanuel Macron avait organisé en août 2019. Ce sommet sera le dernier de Macron en tant que président du G7, avant la fin de son second mandat en 2027.
Le G7 réunit les sept grandes économies libérales mondiales : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et la France, auxquelles s’ajoute l’Union européenne en tant qu’invitée permanente. Pour cette édition 2026, plusieurs dirigeants de pays émergents ont été conviés en tant qu’invités spéciaux, conformément à la pratique inaugurée lors du G8 de 2003 : le Premier ministre indien Narendra Modi et le président brésilien Lula da Silva ont confirmé leur participation, rejoignant d’autres leaders africains et asiatiques invités par la présidence française.
Les priorités de la présidence française s’articulent autour de quatre grands axes thématiques. Le premier concerne les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, dans un contexte de tension commerciale entre les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, avec en toile de fond les nouvelles politiques tarifaires américaines qui ont ranimé les craintes d’une guerre commerciale globale. Le deuxième axe porte sur le financement de la transition climatique pour les pays en développement — un sujet qui sera également au cœur de la COP31 prévue à Antalya en novembre 2026 — avec la question centrale du « Loss and Damage », ce mécanisme de compensation financière des pays les plus vulnérables au changement climatique.
La lutte contre la criminalité organisée internationale constitue le troisième axe majeur, dans un contexte où les trafics de drogue, d’armes et d’êtres humains menacent la stabilité de plusieurs régions du monde. Enfin, le quatrième thème prioritaire de la présidence française est la protection des mineurs dans l’environnement numérique — sujet sur lequel la France a adopté une législation pionnière en Europe — et plus généralement la régulation des grandes plateformes technologiques américaines et chinoises dans le respect des droits fondamentaux.
L’organisation logistique et sécuritaire d’un tel sommet représente un défi considérable pour la région lémanique. La Suisse, dont la frontière se situe à quelques kilomètres d’Évian sur la rive opposée du lac, mobilisera jusqu’à 5 000 militaires pour soutenir les polices cantonales genevoises et valaisannes, avec une restriction de l’espace aérien prévue du 10 au 18 juin sur une large zone autour du lac Léman. La France, de son côté, déploiera plusieurs milliers de policiers, gendarmes et militaires en Haute-Savoie et dans les départements limitrophes, créant un périmètre sécurisé sans précédent dans cette région ordinairement placide.
Comme lors de chaque grand sommet international, des manifestations sont attendues dans les jours précédant et pendant la réunion. Genève, ville internationale par excellence qui avait déjà accueilli les protestations du G8 de 2003, devrait à nouveau être le théâtre de rassemblements citoyens de diverses tendances politiques — altermondialistes, militants écologistes, organisations non gouvernementales — qui souhaitent interpeller les dirigeants des grandes puissances sur les inégalités mondiales, le réchauffement climatique et les conflits armés en cours. Les autorités françaises et suisses ont annoncé qu’elles faciliteront l’exercice du droit de manifestation tout en garantissant le maintien de l’ordre.
Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de la Haute-Savoie, l’accueil du G7 représente à la fois un défi organisationnel et une opportunité économique et médiatique exceptionnelle. Des milliers de journalistes, diplomates, experts et membres des délégations étrangères convergeront vers Évian et les communes voisines pendant plusieurs jours, générant un afflux de retombées économiques directes. La couverture médiatique mondiale du sommet — qui sera suivie dans plus de 150 pays — offre à la région une visibilité internationale inestimable, consolidant l’image de la France comme destination politique et touristique de premier plan.
Sur la Côte d’Azur, le G7 d’Évian est suivi avec attention par les milieux économiques et diplomatiques. La Principauté de Monaco, qui entretient des relations étroites avec les pays membres du G7, y voit l’occasion de consolider les partenariats européens qui constituent l’épine dorsale de sa diplomatie. Les discussions sur la régulation financière internationale — toujours à l’ordre du jour de chaque G7 — intéressent particulièrement les acteurs économiques de la Riviera, dont la prospérité est intimement liée à la stabilité du système financier mondial. Évian 2026 s’annonce comme un rendez-vous diplomatique majeur dans une année déjà chargée en événements internationaux.
— François Leblanc, Riviera Presse
