Le 22 mars 2026, le deuxieme tour des elections municipales a livre son verdict : Eric Ciotti, depute des Alpes-Maritimes et president de l Union des droites pour la Republique (UDR), devient maire de Nice. Le candidat allie au Rassemblement national l emporte avec 47,7% des voix selon les estimations Ipsos-Bva, devancant son ancien ami et rival des Republicains Christian Estrosi (Horizons), maire sortant qui briguait un quatrieme mandat. Une bascule politique majeure pour la cinquieme ville de France.
Une victoire annoncee des le premier tour
Le 15 mars, le premier tour avait deja place Ciotti tres largement en tete avec 43,43% des suffrages, contre 30,92% pour Estrosi. L ecologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par les socialistes et les communistes, s etait qualifiee pour le second tour avec 11,93% et avait choisi de maintenir sa liste, refusant de servir de marchepied a la moins pire des deux droites. Avec une avance de 12 points entre les deux tours et une triangulaire confirmee, l issue ne faisait plus guere de doute.
Le moment Retailleau
L entre-deux-tours a ete marque par un episode politiquement significatif : Bruno Retailleau, president des Republicains, a refuse de donner des consignes de vote pour le second tour aux Nicois — une posture interpretee par l entourage d Estrosi comme un lacher en regle. Le maire sortant avait reagi en denoncant une maladresse et en assurant que le president LR s etait retracte. Mais le mal etait fait : prive d une partie du soutien de la droite classique, Estrosi a vu une partie de son electorat traditionnel se reporter vers la liste UDR-RN.
Une bataille fratricide
L affrontement etait d autant plus rude que Ciotti et Estrosi etaient longtemps allies au sein des Republicains, le premier ayant longtemps occupe la presidence de la federation des Alpes-Maritimes. La rupture date de l ete 2024, lorsque Ciotti avait engage le ralliement de l aile droite des Republicains au Rassemblement national, provoquant son exclusion du parti et la creation de l UDR. Estrosi avait alors choisi de quitter LR pour rejoindre Horizons, le mouvement d Edouard Philippe.
Apres dix-huit ans Estrosi
Christian Estrosi avait conquis la mairie de Nice en 2008, succedant a Jacques Peyrat. Reelu en 2014 et 2020, il avait construit une identite municipale autour de grands chantiers d urbanisme — extension du tramway, requalification de la Promenade des Anglais apres l attentat du 14 juillet 2016, Promenade du Paillon, projet du quartier d affaires international, candidature de Nice au patrimoine mondial de l UNESCO obtenue en 2021. Le bilan economique reste solide, mais les Nicois ont sanctionne ce que les enquetes d opinion locales decrivaient comme une fatigue apres trois mandats. C est un resultat qui nous oblige, a reconnu Estrosi dimanche soir, prenant le temps de dresser son bilan.
Un nouveau maire pour Nice
C est une immense victoire. Nous l avons fait !, a reagi Eric Ciotti. Cette victoire elle est belle, elle nous donne de la joie, du bonheur. Le nouveau maire devra rapidement composer son executif et clarifier son projet pour la ville. Plusieurs dossiers structurels l attendent : finalisation de la ligne 2 du tramway, gouvernance de la Metropole Nice Cote d Azur (jusqu ici presidee par Estrosi), gestion du tourisme de masse, et l accueil du futur Rendez-vous en France 2027 et des autres grands evenements deja programmes. Premiere alternance a la mairie de Nice depuis dix-huit ans.
– Francois Leblanc, Riviera Presse
