La France est à nouveau plongée dans une crise politique majeure après que le président Emmanuel Macron a annoncé, lors d’une allocution télévisée diffusée le 12 mai 2026, la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation d’élections législatives anticipées pour les 14 et 21 juin prochains. Cette décision, qualifiée par ses partisans de « nécessaire clarification démocratique » et par ses adversaires de « pari irresponsable », intervient après la chute du gouvernement Bayrou sur une motion de censure votée par une coalition inédite réunissant le Rassemblement National, La France Insoumise et une partie de la droite traditionnelle.
La motion de censure, qui a recueilli 289 voix – soit 20 de plus que la majorité absolue requise – a sanctionné l’échec des négociations budgétaires pour l’exercice 2027. Le projet de budget présenté par le Premier ministre François Bayrou prévoyait des économies substantielles sur les dépenses sociales et une réforme de la fiscalité des entreprises qui avaient provoqué une levée de boucliers à la fois à gauche et à l’extrême droite. Les syndicats avaient organisé trois journées nationales de mobilisation depuis janvier, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues des principales villes françaises.
Sur la Côte d’Azur et dans les Alpes-Maritimes, la dissolution a été accueillie avec une résignation mêlée d’inquiétude par les milieux économiques. La Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur a publié un communiqué appelant les partis politiques à « faire preuve de responsabilité » et à présenter des programmes économiques « crédibles et chiffrés ». Les professionnels du tourisme, à quelques semaines de l’ouverture de la saison estivale, redoutent que l’incertitude politique ne pèse sur la fréquentation internationale, notamment de la clientèle nord-américaine et britannique très sensible aux signaux politiques français.
Dans les Alpes-Maritimes, la bataille électorale s’annonce particulièrement disputée dans plusieurs circonscriptions. Le Rassemblement National, qui avait réalisé son meilleur score historique dans le département lors des précédentes législatives, espère confirmer et étendre ses positions. La gauche, réunie au sein d’une alliance renouvelée entre le Parti Socialiste et les Verts – LFI ayant refusé tout accord de coalition – tente de capitaliser sur le rejet de la politique économique gouvernementale.
À Monaco, principauté voisine qui suit avec attention l’évolution politique française dont elle dépend économiquement et institutionnellement pour de nombreux aspects de sa vie quotidienne, le prince Albert II a adressé un message de courtoisie diplomatique au président Macron sans prendre position sur les événements politiques, conformément à la pratique constante de la Maison Princière.
Les sondages réalisés immédiatement après l’annonce de la dissolution donnent le RN en tête avec environ 33% des intentions de vote, suivi par le bloc macroniste (19%), le Nouveau Front Populaire (18%), les Républicains (11%) et diverses formations centristes et régionalistes. La fragmentation du paysage politique rend la constitution d’une majorité parlementaire stable particulièrement difficile à envisager, quelle que soit l’issue du scrutin.
— François Leblanc, Riviera Presse
