Ce sera l’une des grandes curiosités du calendrier de Formule 1 2026 : pour la première fois de son histoire récente, le Grand Prix de Monaco se disputera en juin et non en mai. La huitième manche du championnat du monde est officiellement programmée du vendredi 5 au dimanche 7 juin 2026 sur le Circuit de Monaco, dans les rues de Monte-Carlo. Ce glissement calendaire, décidé par la FIA dans le cadre d’une nouvelle stratégie de regroupement géographique des Grands Prix visant à réduire l’empreinte carbone du championnat, n’a rien changé à l’engouement des fans : les billets pour les meilleures places étaient épuisés depuis plusieurs mois.
Le programme du week-end sera le suivant : deux séances d’essais libres le vendredi 5 juin, une troisième séance libre le samedi matin suivie de la séance de qualifications à 16h00 heure locale, et la course le dimanche 7 juin à 15h00. Le format est celui d’un Grand Prix classique, sans sprint race. Avec 78 tours et 3,337 km par tour, la distance de course s’établit à environ 260 km, légèrement en deçà de la distance standard de 305 km – Monaco étant le seul Grand Prix à bénéficier d’une dérogation à cette règle depuis des décennies.
L’édition 2026 introduit par ailleurs une règle stratégique inédite : pour la première fois à Monaco, les équipes seront tenues d’effectuer deux arrêts aux stands obligatoires, en utilisant les trois types de pneumatiques disponibles (tendres, médiums et durs) en conditions sèches. Cette décision de la FIA vise explicitement à animer la course sur un circuit où les dépassements sont rares et où la gestion des pneus a souvent conduit à des stratégies « no-stop » particulièrement critiquées par les téléspectateurs. La nouvelle règle devrait introduire davantage d’action et de rebondissements, même si les équipes les plus performantes en qualifications conserveront un avantage certain.
Lando Norris, vainqueur du Grand Prix de Monaco 2025 avec McLaren, sera l’un des grands favoris de cette édition. Le pilote britannique avait résisté à une forte pression de Charles Leclerc, fils de la Principauté et grand favori du public monégasque, lors de l’édition précédente. Leclerc, qui court pour Ferrari, rêve de remporter le Grand Prix de sa ville natale, ce qu’il avait réussi pour la première fois en 2024 – une victoire qui avait déclenché des scènes d’une émotion rare dans les rues de Monaco.
Les nouvelles voitures de Formule 1 2026, dotées de moteurs hybrides 1,6 litre V6 turbo de nouvelle génération avec une proportion accrue d’énergie électrique, seront observées avec un intérêt particulier à Monaco. Les ingénieurs s’interrogent sur l’adaptation de ces nouvelles architectures techniques aux spécificités du circuit monégasque, notamment son profil de vitesses très basses et ses longues phases de pleine accélération dans le tunnel – qui est aussi le passage le plus rapide du circuit.
Sur le plan de l’hospitalité, la semaine du Grand Prix de Monaco transforme la Principauté en capitale mondiale du luxe pendant une dizaine de jours. Les terrasses donnant sur le circuit – notamment la légendaire terrasse Caravelles, le Panorama ou les suites du Shangri-La – sont réservées à des prix pouvant dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour le week-end. Les quelque 1 000 yachts amarrés à Port Hercule accueillent les personnalités et hommes d’affaires venus du monde entier, créant une atmosphère unique qui n’appartient qu’à Monaco.
Les hôtels de la Société des Bains de Mer – l’Hôtel de Paris, l’Hermitage, le Monte-Carlo Beach, le Méridien – proposent des packages combinant hébergement, accès aux tribunes et dîners gastronomiques dans les restaurants étoilés Michelin de la Principauté, dont le Louis XV d’Alain Ducasse (3 étoiles), qui domine l’un des virages du circuit. Pour les visiteurs disposant de budgets plus modestes, les communes voisines comme Beausoleil, Cap-d’Ail ou Roquebrune-Cap-Martin offrent des hébergements accessibles avec une liaison rapide vers Monaco.
L’impact économique du Grand Prix de Monaco sur la Côte d’Azur est considérable. Selon les estimations de l’Automobile Club de Monaco, l’événement génère chaque année plusieurs centaines de millions d’euros de retombées économiques directes et indirectes pour la région, incluant Nice, Cannes, Menton et le littoral varois. La diffusion mondiale de la course – suivie par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs dans 200 pays – offre également à la Côte d’Azur une vitrine publicitaire inestimable, contribuant à maintenir la région comme l’une des premières destinations touristiques mondiales.
En attendant la course, les jours précédant la semaine du Grand Prix seront animés par la mise en place du circuit, qui débute plusieurs semaines à l’avance avec l’installation des glissières, des tribunes et des équipements techniques. Le ballet des camions et des transporteurs des écuries dans les rues de Monaco constitue lui-même un spectacle apprécié des résidents et des touristes. La Formule 1 s’apprête à vivre à Monaco l’une de ses nuits les plus magiques de la saison, sous les lumières de la Principauté et au son des moteurs hybrides de la nouvelle génération.
— Sophie Marchand, Riviera Presse
