Le président de la République Emmanuel Macron a participé les 4 et 5 mai 2026 au huitième sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan, en Arménie, avant d’entamer une visite d’État dans le pays caucasien. L’événement a réuni près de 40 délégations et 50 dirigeants, du grand nord de l’Europe jusqu’au Caucase.
« Une Europe qui avance »
À son arrivée, le président français a justifié l’intérêt stratégique du format CPE : « C’est un nouveau rassemblement de cette Europe large qui est la Communauté politique européenne, qui, de l’Europe du Nord aux Balkans en allant jusqu’au Caucase, permet de rassembler aujourd’hui 40 délégations qui sont ici. Et on voit que c’est une Europe qui avance. » Lancée à son initiative en 2022 dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine, la CPE est une instance informelle de coopération intergouvernementale.
Arménie : « Une nouvelle ère commence »
Le passage le plus marquant du discours présidentiel a concerné le tournant diplomatique opéré par Erevan. « Il y a huit ans, beaucoup voyaient l’Arménie comme un pays largement dépendant de la Russie, avec sa sécurité entièrement entre les mains russes », a rappelé Emmanuel Macron au sommet. « Après la révolution de velours, sa politique de paix et son tournant vers l’Europe, nous assistons aujourd’hui à l’ouverture d’une nouvelle ère. » Devant la communauté française locale, le chef de l’État a précisé : « On s’était un peu habitués pendant des décennies à ce que l’Arménie soit en quelque sorte un satellite de la Russie. L’Arménie a fait le choix de sortir de cette entrave et de se tourner vers l’Europe. On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. »
Cinq priorités politiques
La CPE a réuni les chefs d’État autour de cinq priorités : sécurité et défense européennes, compétitivité économique, démocratie et résilience face aux ingérences hybrides, soutien à l’Ukraine, et lutte contre les trafics de drogue. À ce titre, Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont co-présidé une réunion de la coalition européenne contre les drogues rassemblant quarante États.
Bain de foule et Marseillaise improvisée
L’accueil réservé au président français à Erevan a été particulièrement chaleureux. Selon les reportages sur place, Emmanuel Macron est arrivé dimanche soir et a déambulé sur l’avenue principale d’Erevan avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian. Un large groupe de passants s’est rassemblé autour du président et a entonné une Marseillaise improvisée — un témoignage de gratitude envers la France, premier soutien européen d’Erevan depuis le tournant post-révolution. Lors du dîner d’État, Emmanuel Macron a interprété une chanson de Charles Aznavour, figure musicale française d’origine arménienne, icône partagée des deux pays.
L’incident Aliyev-Metsola
Le sommet a aussi connu son moment de tension. S’exprimant par visioconférence, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a vivement attaqué le Parlement européen, dénonçant son « obsession » pour son pays et annonçant une suspension de la coopération. La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a répliqué fermement. Pour Paris, le sommet d’Erevan marque néanmoins une avancée diplomatique majeure : la France conforte son rôle de puissance européenne dans le Caucase, à un moment où la Russie cherche à resserrer l’étau économique sur Erevan. Le partenariat stratégique franco-arménien signé en marge du sommet doit consolider une relation que le président a qualifiée de « faite de passion ».
