Le marché immobilier français entre dans une phase de stabilisation au printemps 2026, après deux années de baisse marquées par la crise des taux. Les prix de l’immobilier repartent modestement à la hausse avec une progression nationale de +1,3% sur un an, tandis que les taux de crédit immobilier remontent en mai 2026, compliquant les projets des acquéreurs français. Cette reprise, qualifiée de modérée, confirme la fin du cycle baissier observé en 2023-2024 et redessine progressivement les contours du marché résidentiel hexagonal.
Une hausse modérée qui contraste avec l’inflation
Depuis le début de 2026, les prix de l’immobilier affichent une progression timide comparée à la tendance générale des prix à la consommation. Avec une hausse de +1,3% sur un an, le secteur immobilier demeure en retrait par rapport à l’inflation nationale, qui atteint 2,1% sur la même période. Cette dynamique marque une inflexion positive après deux années de contraction dues à la remontée drastique des taux de crédit en 2023-2024.
Les données des notaires de France alimentent ce diagnostic nuancé : les professionnels du secteur tablent sur une augmentation de 1,4% pour les appartements anciens et de seulement 0,5% pour les maisons anciennes. De son côté, l’observatoire PAP note une progression légèrement supérieure de 1,7% depuis le début 2026, soulignant les écarts d’appréciation selon les indicateurs retenus. Ces chiffres convergent cependant sur un même constat : la stabilisation progressive du marché, sans regain d’euphorie.
Paris stabilisé, taux de crédit en remontée
La capitale française demeure une exception structurelle. Sur le marché parisien, où la rareté des biens reste un facteur majeur et la demande constamment soutenue, le prix médian du mètre carré atteint 10 454 euros en février 2026. La ville semble avoir trouvé son point d’équilibre depuis l’été 2025, autour de 9 540 euros/m², en net contraste avec le prix moyen national de 3 405 euros/m² au troisième trimestre 2025.
Parallèlement, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse après une accalmie en mars 2026. Cette remontée, bien que modeste, complique les projets des acquéreurs. Laurent Bortoli, responsable des marchés chez La Banque Postale, esquisse le « scenario central : une hausse modérée des taux à 3,3% en 2026 et 3,4% en 2027 ». L’OAT 10 ans, baromètre de référence du marché obligataire français, oscillant dans sa fourchette 3,40-3,70%, accrédite cette tendance haussière mesurée.
Retour des acheteurs et sélectivité accrue
Le marché enregistre un signe positif avec le retour progressif des acquéreurs. Le nombre d’acheteurs actifs progresse de +3,2% depuis janvier 2026, indiquant que la crise des taux commence à relâcher son étau sur la demande. Cependant, cette reprise s’accompagne d’une sélectivité accrue des ménages.
Les acheteurs subissent moins de tension qu’au plus fort de la crise et se montrent particulièrement attentifs au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ainsi qu’aux travaux à prévoir. Cette vigilance reflète l’impact croissant de la régulation environnementale sur le marché : en 2026, les logements classés G restent interdits à la location, tandis que les biens classés F seront progressivement soumis à des restrictions supplémentaires. En conséquence, les biens énergivores continuent de voir leur prix baisser en raison des investissements majeurs qu’ils nécessitent, tandis que les logements bien classés (A ou B) affichent des prix élevés.
Dispositifs de soutien et perspectives 2026-2027
Pour soutenir le pouvoir d’achat immobilier des ménages français, plusieurs mécanismes demeurent mobilisés : le prêt à taux zéro pour les primo-accédants, le dispositif Jeanbrun pour les investisseurs, ainsi que les aides à la rénovation énergétique. Ces dispositifs permettent aux familles de mieux équilibrer leur budget face à la remontée des taux.
Les perspectives pour la suite de 2026 et 2027 restent constructives. Plusieurs observateurs anticipent une hausse des prix immobiliers comprise entre +2% et +3% au niveau national, avec des écarts significatifs selon les territoires. Certaines zones tendues pourraient afficher des progressions allant jusqu’à +3% à +4%.
Impact régional : la Côte d’Azur confirme sa tendance haussière
Pour les lecteurs de Riviera Presse, ces tendances nationales revêtent un intérêt particulier. La Riviera reste l’un des marchés les plus dynamiques et tendus de France, dopée par une demande forte de la clientèle étrangère (Britanniques, Belges, Italiens, Scandinaves), de la diaspora monégasque et des retraités premium. Les secteurs les plus recherchés demeurent Cap-Ferrat, Mougins, Saint-Paul-de-Vence, la Croisette à Cannes et Antibes-Juan-les-Pins.
La remontée des taux affecte principalement les primo-accédants locaux, tandis que les acquéreurs étrangers en espèces restent relativement imperméables aux variations de taux. Sur Nice, les quartiers Mont Boron, Cimiez et Riquier conservent leurs niveaux de prix élevés. À Cannes, La Californie, le Suquet et la Croisette demeurent les zones les plus convoitées. Monaco, marché détaché du marché français, reste imperturbable autour de 50 000 à 60 000 euros/m². Le redéploiement du marché par le DPE renforce cette dynamique : les biens récents ou rénovés à haute performance énergétique captent une prime de plus en plus affirmée, confirmant l’attractivité structurelle de la Côte d’Azur pour les investisseurs sensibles à la qualité et à la norme environnementale.
