**Deux ans après son inscription sur la liste grise du GAFI, la Principauté attend le verdict crucial de la plénière de juin 2026. Malgré des progrès reconnus en février dernier à Mexico, des zones d’ombre persistent sur les sanctions, retardant une sortie espérée mais incertaine.**
Inscrite sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) depuis juin 2024, Monaco vit un marathon réglementaire dont l’issue se jouera dans quelques semaines. La plénière de juin 2026, qui doit se prononcer formellement sur une éventuelle sortie de la Principauté, cristallise toutes les attentes d’un secteur financier sous pression depuis deux ans. Si les autorités monégasques multiplient les signaux positifs, l’incertitude demeure : sortie en juin, report à octobre 2026, voire en 2027 ?
## Des avancées reconnues mais insuffisantes
Lors de la plénière de février 2026 à Mexico (9-13 février), le GAFI a salué les progrès accomplis par Monaco dans sa lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : +10% de déclarations de soupçon, +20% de demandes de renseignements et une hausse spectaculaire de +60% des rapports transmis au parquet. Des statistiques que l’Autorité monégasque d’agrément et de contrôle des activités financières (AMAF), dirigée par Robert Laure, met en avant pour démontrer l’efficacité du dispositif renforcé.
Pourtant, le maintien sur la liste grise décidé en février souligne les attentes persistantes de l’organisme international. Le nœud du problème réside dans la documentation insuffisante des sanctions administratives et pénales. « Le GAFI attend des preuves tangibles d’application concrète des sanctions », explique un observateur proche du dossier. Cette exigence de traçabilité met en lumière un décalage entre les réformes législatives adoptées et leur mise en œuvre pratique, un écueil classique pour les juridictions sous surveillance.
## Un impact économique bien réel
Les conséquences de cette inscription ne sont pas théoriques. Depuis juin 2024, la Principauté fait face à des difficultés accrues pour les paiements internationaux, tandis que les établissements bancaires doivent appliquer des mesures de conformité renforcées, alourdissant les coûts et les délais. La situation s’est encore complexifiée avec l’inscription de Monaco sur la liste des juridictions non coopératives de l’Union européenne en juin 2025, créant un double stigmate réputationnel.
Face à ces turbulences, le discours des autorités se veut rassurant. En mai 2025, le prince Albert II affirmait que « les fondamentaux de notre économie restent stables », tandis que le Ministre d’État Christophe Mirmand et le Conseiller-Ministre des Finances Frédéric Cottalorda multiplient les initiatives. Leur visite le 1er juin 2026 à Monaco Boost et au Startup Program MonacoTech témoigne d’une volonté de projeter la Principauté vers un avenir économique diversifié, au-delà du seul secteur financier.
## Un dénouement en trois temps possibles
Le suspense devrait prendre fin lors de la plénière de juin 2026, l’une des trois réunions annuelles du GAFI avec celles de février et octobre. Trois scénarios se dessinent : une sortie immédiate en juin si les dernières justifications convainquent, un report à octobre 2026 pour finaliser certains aspects, ou un maintien jusqu’en 2027 dans le pire des cas. Pierre-André Chiappori, figure de l’écosystème financier monégasque, résume l’état d’esprit général : « Nous avons fait le travail, maintenant il faut le prouver. »
Pour Monaco, l’enjeu dépasse le seul aspect technique. Il s’agit de restaurer une image de rigueur et de transparence, essentielle pour une place financière de 150 000 habitants qui mise sur son attractivité internationale. Le verdict de juin dira si deux années d’efforts intensifs auront suffi à convaincre le gendarme mondial de la finance.
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**ENCADRÉ – CALENDRIER ET ENJEUX**
**Dates clés :**
– Juin 2024 : Inscription liste grise GAFI
– Juin 2025 : Inscription liste UE
– 9-13 février 2026 : Plénière Mexico (maintien)
– Juin 2026 : Plénière décisive
**Points bloquants :** Documentation sanctions administratives et pénales
**Impacts :** Paiements internationaux complexifiés, conformité bancaire renforcée, image ternie
