**La Banque centrale européenne devrait relever ses taux directeurs de 0,25 point ce jeudi 11 juin. Une décision attendue par les marchés qui ne sera pas sans impact sur l’immobilier de prestige, l’épargne et le tissu économique de la Riviera.**
Après des mois de flottement, la BCE s’apprête à reprendre le chemin du resserrement monétaire. Jeudi prochain, l’institution de Francfort devrait annoncer une hausse de 25 points de base de ses taux directeurs, selon un consensus quasi unanime : 59 économistes sur 70 interrogés par Reuters anticipent cette décision. Un retour de la rigueur monétaire motivé par une inflation européenne persistante, mesurée à 3,0% en avril 2026, soit un point au-dessus de l’objectif des 2%. La récente flambée du baril de Brent, monté jusqu’à 112 dollars en mars lors des tensions au Moyen-Orient avant de se replier partiellement, alimente cette dynamique inflationniste que Christine Lagarde entend combattre.
La présidente de la BCE a d’ailleurs fixé le cap dès le 9 mai, affirmant sa détermination à agir « à toute réunion » face à « une incertitude massive ». Un signal clair, renforcé par la prudence affichée par Luis de Guindos, vice-président de l’institution, qui plaide dans le Financial Times pour une approche graduelle. À Paris, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau tempère : « 2026 n’est pas 2022 », suggérant que le cycle de hausses sera limité, sans comparaison avec la brutale remontée des années précédentes. Les taux longs reflètent déjà cette anticipation : l’OAT française à 10 ans s’établit autour de 3,68%, un niveau qui commence à peser sur certains segments de l’économie.
Sur la Riviera, les répercussions se font déjà sentir, notamment sur le marché immobilier haut de gamme. À Nice, Cannes et Antibes, les agents constatent un ralentissement des transactions. Les taux immobiliers moyens sur 20 ans, selon les baromètres Pretto, CAFPI et Capifrance, tournent désormais autour de 3,37% en ce mois de juin. Si la hausse de jeudi reste contenue à 25 points de base, l’impact direct sera modéré, mais la tendance inquiète les professionnels. « Les acheteurs internationaux, très présents sur nos biens de prestige, sont plus attentistes », confie un courtier cannois. Dans un marché où les transactions dépassent régulièrement le million d’euros, chaque dixième de point représente plusieurs milliers d’euros de mensualité supplémentaire.
Au-delà de l’immobilier, c’est l’ensemble du tissu économique azuréen qui scrute la décision de Francfort. Pour les PME locales, majoritairement actives dans les services, le tourisme et les technologies, le coût du crédit conditionne les investissements. Les restaurateurs et hôteliers qui misaient sur la saison estivale pour moderniser leurs établissements pourraient différer certains projets. À l’inverse, les épargnants bénéficient progressivement de rendements plus attractifs sur les placements garantis. La conférence de presse de Christine Lagarde, jeudi après-midi, sera scrutée pour déceler les intentions de la BCE au-delà de juin : un cycle de hausses prolongé ou une simple correction technique ? La réponse dessinera le climat économique de la Riviera pour les prochains mois.
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**ENCADRÉ – LES CHIFFRES CLÉS**
– **Hausse attendue jeudi** : +0,25 point de base
– **Inflation zone euro** : 3,0% (avril 2026)
– **OAT 10 ans** : ~3,68%
– **Taux immobilier 20 ans** : ~3,37% (moyenne juin 2026)
– **Consensus économistes** : 59/70 anticipent +25pb
