**Après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, disparue dans le Gers, la ville de Nice organise ce lundi soir un rassemblement en hommage à la jeune victime. L’affaire ravive les questions sur les dysfonctionnements de la justice face aux prédateurs sexuels et provoque une vague d’indignation nationale.**
La douleur et la colère montent dans toute la France. Lyhanna, 11 ans, avait disparu le 29 mai 2026 en sortant de son collège à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été découvert le 4 juin près d’un silo agricole à Puycasquier. Jérôme Barella, 41 ans, mis en examen le 1er juin et placé en détention provisoire, est le principal suspect de cette affaire qui bouleverse le pays. Mais au-delà du drame lui-même, c’est le parcours du suspect qui soulève une vague d’incompréhension et de rage.
Les révélations sur le passé de Jérôme Barella glacent le sang. Démis de ses fonctions dans un établissement scolaire en 2021, il avait fait l’objet d’une plainte pour viol en 2022, classée sans suite en mai 2024. Une autre plainte déposée en 2025 était toujours en cours d’instruction au moment de la disparition de Lyhanna, mais n’avait pas encore été instruite. Pour Anne-Cécile Collet, présidente de l’association « Les Petits Invincibles » qui organise le rassemblement niçois, le constat est accablant : « Une enfant de plus décédée à cause de l’abandon de la justice », dénonce-t-elle. Elle espère que cette mobilisation conduira à « une prise de conscience citoyenne » face à un fléau qui touche un enfant toutes les 3 minutes en France.
L’affaire prend une dimension politique. La députée Mathilde Panot (LFI) a appelé publiquement le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à démissionner, mettant en cause la responsabilité de l’État dans ce drame. La juriste Steffy Alexandrian, spécialiste des questions de protection de l’enfance, résume le sentiment d’une partie de l’opinion : « Je suis très triste, mais pas étonnée ». Son propos reflète l’exaspération face à des dysfonctionnements systémiques : dossiers encore traités sur papier dans certains services, enquêteurs asphyxiés par la charge de travail, délais d’instruction interminables. Le débat national s’intensifie sur les moyens alloués à la justice et à la protection des mineurs.
À travers le drame de Lyhanna, c’est toute la question de la prévention et du traitement des violences sexuelles faites aux enfants qui ressurgit. Les associations réclament depuis des années une réforme en profondeur du système judiciaire, un meilleur suivi des individus signalés et des moyens accrus pour les services de protection de l’enfance. Le rassemblement de Nice s’inscrit dans cette mobilisation citoyenne qui refuse que de tels drames se reproduisent. Car derrière les statistiques et les débats institutionnels, il y a des visages d’enfants, des familles brisées, et la certitude insupportable que certains drames auraient pu être évités.
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**RASSEMBLEMENT À NICE**
**Quand :** Lundi soir, 19h
**Où :** Place du palais de justice de Nice
**Organisateur :** Association « Les Petits Invincibles » (présidente : Anne-Cécile Collet)
**Objectif :** Rendre hommage à Lyhanna et demander des réformes pour protéger les enfants
