La préfecture de police de Paris a interdit, par arrêté pris en fin de semaine, les manifestations annoncées par des groupes d’ultradroite et antifascistes ce samedi 9 mai 2026 dans la capitale. Selon les informations diffusées par franceinfo, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des opérations préventives menées par les forces de l’ordre vendredi soir et samedi matin. L’interdiction intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par l’agression du maire de Waziers (Nord) à l’issue de la cérémonie du 8 mai, et par la polémique de la diffusion de « Maréchal, nous voilà ! » à Carpentras, dont le maire Rassemblement national a assuré que la commune n’était pas à l’origine.
Risque de troubles à l’ordre public : le motif officiel
L’arrêté préfectoral, conformément aux articles L. 211-4 et L. 211-3 du Code de la sécurité intérieure, motive l’interdiction par « le risque manifeste de troubles graves à l’ordre public » et la « concurrence directe entre cortèges aux objectifs antagonistes » dans le centre de Paris. Le rassemblement de l’ultradroite, annoncé Place Saint-Augustin, et la contre-manifestation antifasciste, déclarée Place de la République à proximité immédiate de la Journée de l’Europe qui s’y tient le même jour, ont concentré l’attention des renseignements territoriaux depuis le début de la semaine. Plusieurs collectifs identifiés en lien avec la mouvance néofasciste française avaient appelé à un défilé évoquant la mémoire de la Bataille de Sedan et plus récemment celle des combats de Diên Biên Phu.
Neuf gardes à vue : armes blanches, brassards, tracts
Les neuf interpellations effectuées par les services de police s’inscrivent dans une opération préventive menée dès le vendredi 8 mai au soir. Selon les premiers éléments rapportés par la presse, les personnes placées en garde à vue avaient été contrôlées en possession d’armes blanches, de brassards à connotation politique et de tracts de propagande. Les chefs d’inculpation envisagés à ce stade portent sur le port d’arme prohibé et la provocation publique à la haine. Aucun blessé n’est à déplorer dans le cadre de ces opérations préventives, contrairement aux incidents de Waziers et de Carpentras qui ont rythmé le 8 mai.
Waziers : le maire agressé après la cérémonie du 8 mai
L’agression du maire de Waziers (Nord) à l’issue de la cérémonie du 8 mai a provoqué une vague d’indignation politique transpartisane. Selon les éléments rapportés par franceinfo, l’élu a été pris à partie violemment au moment du dépôt de gerbe par des individus dont le profil reste à déterminer. L’Association des Maires de France (AMF) a publié un communiqué condamnant « avec la plus grande fermeté » ces violences contre les élus républicains à l’occasion d’une cérémonie patriotique. Le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il « veillerait personnellement à ce que les auteurs soient identifiés et traduits en justice ».
Carpentras : le scandale du « Maréchal, nous voilà ! »
À Carpentras (Vaucluse), la diffusion de l’hymne pétainiste « Maréchal, nous voilà ! » en marge de la cérémonie du 8 mai a provoqué un scandale national. Le maire Rassemblement national de la commune a assuré dans la presse locale que « la commune n’est pas à l’origine de cette diffusion » et qu’il s’agirait d’un « acte isolé d’un participant ». Plusieurs associations de mémoire ont déposé plainte. La concomitance entre les deux affaires — Waziers et Carpentras — alimente le débat sur le climat de violence politique entourant les commémorations du 8 mai à un an de la présidentielle de 2027.
Mélenchon, Le Pen, Philippot : la présidentielle déjà en toile de fond
L’interdiction parisienne s’inscrit dans un contexte politique national de plus en plus polarisé. Jean-Luc Mélenchon tente, selon franceinfo, « d’installer le face-à-face avec le RN pour la présidentielle 2027 », déclarant : « À la fin, ça se termine entre eux et nous ». Le souverainiste Florian Philippot a annoncé sa candidature à l’Élysée. Matthieu Valet, député européen du Rassemblement national, alerte sur le climat économique : « Aujourd’hui, nous avons des difficultés à avoir un prêt ». La campagne présidentielle de 2027, encore officieuse, structure déjà toutes les prises de parole — et toutes les mobilisations.
Sécurisation renforcée à Paris pour le week-end
Dans ce contexte, la préfecture de police a mis en place un dispositif de sécurité renforcé sur l’ensemble de la capitale ce samedi : présence policière accrue Place de la République (où se tient la Journée de l’Europe et où devait se rassembler la contre-manifestation antifasciste), Place Saint-Augustin, et sur les axes de circulation entre les deux points. Les compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont mobilisées en nombre, ainsi que des unités de la Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M). Les Parisiens et les visiteurs de la Journée de l’Europe sont invités à signaler tout comportement suspect.
— François Leblanc, Riviera Presse
