Le port de Marseille consolide en 2026 sa position de premier port de croisières de France et deuxième de Méditerranée. Selon les chiffres et déclarations diffusés par Jacques Hardelay, président de l’association Marseille Provence Croisière, dans un entretien accordé à L’Écho Touristique en avril 2026 : « Après une année 2025 à 2,6 millions de passagers, en progression de 8 % par rapport à 2024, nous tablons sur une fréquentation de 2,8 millions de passagers en 2026, avec 750 escales. » Le président de Marseille Provence Croisière précise un objectif stratégique : « L’objectif est d’attirer 50 % d’escales en tête de ligne, contre 30 % l’année dernière, ce qui renforce l’impact économique des croisières à Marseille, sur les partenaires hôteliers notamment. »
L’électrification à quai, le levier compétitif décisif
L’électrification à quai constitue le principal levier stratégique du port pour 2026. Toujours selon Jacques Hardelay : « Marseille devient le seul port en Méditerranée à pouvoir électrifier trois paquebots de plus de 250 mètres de long en simultané. Le port de Toulon n’a qu’un seul poste électrique à quai, tandis que Barcelone, pourtant leader sur la croisière, n’en disposera qu’en 2027. » Avec quatre prises disponibles et trois connexions possibles, le port couvre déjà 80 % des usages. La transition se fait progressivement : 30 % des bateaux en escale fonctionnent au Gaz Naturel Liquéfié (GNL), avec 3 000 à 4 000 m³ par navire, alimentation principalement importée d’Algérie. La France bénéficie de son atout d’électricité verte, majoritairement d’origine nucléaire, qui rend l’électrification à quai particulièrement vertueuse.
Renaud Muselier : « Cessons d’opposer et d’interdire »
Renaud Muselier, président de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, a défendu publiquement sur LinkedIn le modèle économique de la croisière face aux critiques écologistes : « Pour 2026, près de 3 millions de croisiéristes à Marseille : un objectif assumé ! Cessons d’opposer et d’interdire. Notre région, avec les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône, est tournée vers la mer et son économie. Aux côtés de Jacques Hardelay, président de Cruise Marseille Provence, et de l’ensemble des acteurs portuaires, nous avançons sur le branchement à quai des navires de croisière. 2,9 millions de passagers et 80 % des escales connectées dès cette année : voilà notre ambition pour notre capitale régionale, Marseille ! » Le plan Escales Zéro Fumée, porté par la Région Sud, vise donc 80 % des escales connectées au réseau électrique terrestre dès cette année. Cette part doit atteindre 90 % à horizon 2030, y compris pour les porte-conteneurs et les navires en réparation.
Compagnies présentes : MSC, Costa, Carnival
Les compagnies présentes à Marseille incluent MSC Croisières avec MSC World Europa et MSC Bellissima, Costa Croisières avec le Costa Toscana (paquebot LNG-powered, premier shipyard maintenance achevé en février 2026), MSC Meraviglia, MSC Splendida, MSC Orchestra et MSC Seaview. Les itinéraires desservent la Méditerranée occidentale (Barcelone, Palma, Valence), l’Orientale (Santorin, Mykonos, Istanbul, Kuşadası) et les Canaries via Espagne, Maroc et Portugal. Le terminal Marseille Provence Cruise Center sur le Môle Léon Gourret, à 7,5 km du Vieux-Port, accueille la majorité des navires.
Mars 2026 et les perspectives 2027
Le mois de mars 2026 a été remarquable : selon Jacques Hardelay, malgré l’annulation de quatre escales en raison du mistral, le mois s’est très bien passé. Une nouvelle ligne aérienne New York-Marseille est en préparation pour 2027, dans l’objectif de drainer une clientèle américaine, particulièrement amatrice de croisières. L’horizon 2035 pourrait voir l’introduction de propulsions à l’hydrogène pour la navigation elle-même. Selon Jacques Hardelay : « Tous les feux ne sont pas encore au vert, mais il n’y a plus de feux rouges ! Disons qu’il n’y a plus de blocages comme il y a quelques années. Le dialogue est ouvert. La croisière peut poser des problèmes et nous sommes là pour les résoudre. » L’objectif de 3 millions de passagers serait atteignable dès 2027.
Pour la Côte d’Azur, un effet d’entraînement
Si Marseille concentre l’essentiel du trafic croisière régional, la Côte d’Azur en bénéficie indirectement : les escales partielles à Cannes, Villefranche-sur-Mer et Monaco – même si elles ne représentent qu’une fraction du volume marseillais – drainent une clientèle internationale haut de gamme vers la Riviera. Selon les données de Côte d’Azur France Tourisme, les visiteurs internationaux représentent 55 % des clients hôteliers en juillet et plus de 58 % en août, avec les Américains comme premier marché et une dépense quotidienne moyenne de 170 euros par personne (contre 75 euros pour un touriste français). La complémentarité entre le port marseillais et l’arrière-pays touristique de la Riviera reste l’un des principaux moteurs de l’économie régionale en 2026.
— François Leblanc, Riviera Presse
