Nice sous le signe du renouveau politique : deux mois après son élection, Éric Ciotti consolide son pouvoir
Depuis son installation officielle le 27 mars 2026, ÉRIC CIOTTI a imprimé sa marque sur la mairie de Nice, mettant un terme à neuf années de gouvernance sous l’ère CHRISTIAN ESTROSI. Le nouveau maire de la cinquième ville de France ne cache pas sa volonté de rupture avec la décennie précédente, affichant lors de son discours d’installation une vision résolument nouvelle : « Nice n’appartient à personne, ni à un clan, ni à un système ». Ces paroles résonnent comme un tournant politique majeur pour la Riviera.
L’élection qui a porté ÉRIC CIOTTI à la tête de la mairie a sanctionné la fin de la majorité centriste d’ÉDOUARD PHILIPPE. Les sondages d’février 2026 annonçaient déjà cette dynamique, avec l’union des droites LR-UDR crédité de 41 à 45 % des intentions de vote au premier tour, devant la liste Horizons-LFA du maire sortant, estimée entre 27 et 30 %. Cette configuration avait accouché d’une deuxième tour favorable à CIOTTI, tandis que la candidate écologiste JULIETTE CHESNEL-LE ROUX rassemblait entre 12 et 13 % des intentions, l’insoumise ROXANE DAMIANO autour de 11 %, et le candidat Reconquête YANNICK VELLA environ 4 %.
Une équipe resserrée autour de nouvelles figures
Pour incarner ce changement, le nouveau maire s’est entouré d’une équipe résolument renouvelée. Parmi les nominations stratégiques figurent celle de FRANÇOISE SOULIMAN, recrutée dès novembre 2025 sur la liste de campagne et désormais adjointe au maire. Cette gestionnaire de la préfecture incarne la volonté d’apporter une expertise administrative nouvelle à l’Hôtel de Ville.
L’installation du conseil municipal, retransmise en replay par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, a révélé une opposition structurée emmenée par JULIETTE CHESNEL-LE ROUX pour l’écologie politique. Les premiers débats se sont concentrés sur les questions de transparence budgétaire et de gestion des marchés publics, signalant que le nouveau mandat ne jouira pas d’une majorité écrasante permettant de gouverner sans débat.
La tragédie des Moulins : un test de légitimité pour le nouveau maire
Le 11 mai dernier, une fusillade dans le quartier des Moulins a profondément choqué Nice et ses habitants. Deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans ce drame urbain qui a rapidement resurgi comme l’une des priorités du nouveau maire. ÉRIC CIOTTI avait placé la sécurité urbaine au cœur de sa campagne ; cette tragédie lui imposait d’agir immédiatement.
Le samedi 23 mai, soit douze jours après les faits, une marche d’hommage aux victimes s’est déroulée malgré un appel au boycott de certaines associations. L’atmosphère chargée d’émotion a révélé les blessures de cette communauté. Un témoin a confié : « Cela pourrait m’arriver, ainsi qu’à ma famille ». La manifestation s’est terminée sur les lieux du drame en l’absence de certains proches des victimes, symbolisant les fractures sociales que devra affronter CIOTTI dans les quartiers nord.
L’enjeu majeur de la Métropole Nice Côte d’Azur
Au-delà des murs de la mairie, une bataille politique majeure se dessine autour de la présidence de la Métropole Nice Côte d’Azur. Cette institution couvre 1 480 km² et représente plus de 545 000 habitants, regroupant 51 communes de Cagnes-sur-Mer à La Brigue. Traditionnellement, le maire de Nice en assume la présidence. CHRISTIAN ESTROSI l’occupait depuis 2020, et sa succession se négocie actuellement entre le nouveau maire et les 50 autres communes membres.
Ces tractations s’annoncent complexes, tant elles cristallisent les rivalités intercommunales sur la Côte d’Azur. Les modalités précises de cette succession restent en cours de finalisation et constitueront l’un des tests majeurs de la capacité de CIOTTI à fédérer au-delà de Nice.
Un contexte national chargé : rupture des droites et positionnement incertain
L’élection niçoise s’inscrivait dans un contexte national particulier. Depuis la rupture entre Les Républicains et le groupe UDR créé autour d’ÉRIC CIOTTI suite à son alliance avec le Rassemblement national lors des législatives anticipées de 2024, les droites françaises connaissent une fragmentation inédite. À Nice, cette tension s’était matérialisée par le soutien d’Horizons à CHRISTIAN ESTROSI, accentuant la polarisation du scrutin.
À titre de comparaison, la campagne à Menton avait vu Horizons soutenir LOUIS SARKOZY, fils de l’ancien président, dans une tentative d’implantation qui s’était soldée par un échec électoral.
Les chantiers qui attendent le nouveau mandat
Les premières semaines du mandat CIOTTI laissent entrevoir les dossiers brûlants qui l’occupent et l’occuperont : la sécurité urbaine après les fusillades des Moulins, la transition écologique sur la promenade des Anglais et le tramway, les suites du dossier OGC Nice après la finale perdue de la Coupe de France le 22 mai, l’accueil touristique pour l’été qui débute, et les négociations intra-métropolitaines.
À deux ans des élections présidentielles, Nice représente une plateforme politique majeure pour ÉRIC CIOTTI, figure controversée de la droite française. Son positionnement national et sa stratégie législative future seront étroitement scrutés par les observateurs politiques du pays.
