Le président américain Donald Trump a publiquement rejeté la contre-proposition iranienne à son plan de paix les 10 et 11 mai 2026, dans une escalade rhétorique qui fait planer la menace d’un nouvel embrasement au Moyen-Orient. Le chef de l’État américain est attendu jeudi 14 mai à Pékin pour un sommet de deux jours avec Xi Jinping, où le dossier iranien sera central.
« Une ordure » : le verdict présidentiel
Dimanche 10 mai sur Truth Social, Donald Trump avait livré une première salve modérée : « Je viens de lire la réponse des soi-disant représentants iraniens. Je n’aime pas ça — TOTALEMENT INACCEPTABLE ! » Le ton est monté lundi 11 mai. Devant la presse à la Maison-Blanche, le président a déclaré : « C’est incroyablement faible. Après avoir lu cette ordure qu’ils ont envoyée, je n’ai même pas fini la lecture. » Et plus explicitement, sur le sort de la trêve formelle entrée en vigueur le 8 avril : « Je dirais que le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, où le médecin entre et dit : Monsieur, votre être cher a environ 1 % de chances de survivre. »
Quatre exigences iraniennes irrecevables pour Washington
La contre-proposition de Téhéran — transmise dimanche matin via des médiateurs pakistanais et rapportée par l’agence officielle IRNA — comporte quatre exigences principales : fin des hostilités sur tous les fronts (y compris au Liban), levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien, fin du blocus naval américain sur les ports iraniens, et dégel des avoirs iraniens. La chaîne d’État IRIB y a ajouté la reconnaissance par Washington de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz et un mécanisme de compensation pour les dommages de guerre. Fait notable et lourd de sens : le texte iranien ne mentionne pas le programme nucléaire — un silence que les analystes occidentaux interprètent comme un durcissement de la posture de Téhéran.
L’offre américaine en 14 points
Le plan américain transmis à Téhéran en début de semaine comportait 14 points. Au cœur du dispositif : l’Iran devait s’engager à renoncer au développement de toute arme nucléaire et à arrêter toute activité d’enrichissement d’uranium pendant au moins douze ans. Téhéran aurait également dû remettre son stock estimé à 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %. En contrepartie, Washington levait progressivement les sanctions, libérait les avoirs gelés et mettait fin au blocus naval.
Netanyahu : « Le conflit n’est pas terminé »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé dimanche dans une interview à 60 Minutes de CBS la fermeté de l’État hébreu : « Il reste encore des matières nucléaires, de l’uranium enrichi qui doit être sorti d’Iran. Il y a encore des sites d’enrichissement qui doivent être démantelés, il y a encore des proxys que l’Iran soutient, il y a des missiles balistiques qu’ils veulent encore produire… il y a du travail à faire. » Interrogé sur la méthode de retrait des matières nucléaires, il a répondu laconiquement : « Vous entrez, et vous les sortez. »
La fébrilité des marchés pétroliers
Les cours du brut ont immédiatement reflété la dégradation diplomatique. Lundi 11 mai, le Brent de mer du Nord pour livraison juillet a clos en hausse de près de 3 % à 104,21 dollars le baril. Le brut américain WTI livraison juin a progressé de près de 3 % à 98,07 dollars. Brent et WTI ont tous deux progressé de plus de 40 % depuis le déclenchement de la guerre conduite par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement 20 % du commerce mondial de pétrole, reste fonctionnellement fermé après que la marine américaine a saisi un cargo iranien le 19 avril.
Pékin, l’arbitre attendu de jeudi
Le sommet Trump-Xi du 14 mai à Pékin devient le moment clé de la semaine. La Chine, premier importateur de pétrole iranien et partenaire stratégique de Téhéran, sera l’arbitre attendu. Si Pékin accepte d’exercer une pression sur l’Iran pour accepter le plan en 14 points, une voie de sortie reste possible. Si en revanche le président chinois affiche un alignement plus marqué avec Téhéran qu’avec Washington, le dossier risque l’enlisement durable — avec des conséquences immédiates sur les prix de l’énergie, l’inflation européenne et la trajectoire des taux de la BCE. La guerre conduite depuis février 2026 entre dans son quatre-vingt-quatrième jour.
