**Avec 15,2 millions de visiteurs attendus en 2026 et 2,7 milliards d’euros de retombées économiques, la Métropole Nice Côte d’Azur entreprend un virage écologique radical. Entre labels environnementaux, mobilisation anti-croisières et nouvelle fiscalité verte, la Riviera tente de concilier attractivité internationale et préservation du littoral.**
La transformation est en marche sur le littoral azuréen. Cette année, 30 plages et 8 ports des Alpes-Maritimes ont décroché le prestigieux label Pavillon Bleu 2026, reconnaissance internationale de leur qualité environnementale et de leurs efforts en matière de gestion durable. Une certification qui devient un argument de poids pour attirer une clientèle premium internationale, notamment américaine depuis l’ouverture de la ligne directe Boston-Nice par American Airlines le 17 mai dernier. Ces éco-touristes nord-américains, sensibles aux engagements environnementaux, constituent désormais une cible prioritaire dans la stratégie de repositionnement haut de gamme de la destination.
Pourtant, ce tableau idyllique cache des tensions croissantes. Le 6 juin prochain, un collectif citoyen organisera une journée de mobilisation contre les grandes croisières polluantes dans les ports de la Riviera. Un paradoxe assumé par les autorités qui misent sur une forme de tourisme nautique plus respectueux de l’environnement, tout en valorisant le statut UNESCO de la Promenade des Anglais niçoise. « Nous voulons attirer le touriste de qualité, pas nécessairement de quantité », résume l’objectif affiché par les acteurs du secteur, conscients que les 22 000 emplois générés par l’activité touristique dépendent désormais d’un équilibre fragile entre rentabilité et durabilité.
La nouvelle taxe de séjour illustre parfaitement cette mutation. Fixée à 6,70% du coût hors-taxe de la nuitée par personne, elle rompt avec l’ancien système forfaitaire et pèse davantage sur les établissements premium. Cette « taxe verte » finance directement les initiatives de préservation du littoral et d’amélioration des infrastructures, comme l’ambitieux chantier du front de mer de Juan-les-Pins, encore en cours mi-juin. Si ces travaux pénalisent temporairement la saison estivale, ils s’inscrivent dans une modernisation indispensable pour maintenir l’attractivité à long terme face à une concurrence méditerranéenne accrue.
Le véritable défi reste toutefois la désaisonnalisation. Avec 39% de primo-visiteurs enregistrés en 2024, la Côte d’Azur dispose d’un vivier important à fidéliser, particulièrement réceptif aux arguments écologiques. La stratégie consiste désormais à étaler les flux touristiques de mai à septembre, plutôt que de concentrer l’activité sur les mois de juillet-août. Un étalement qui permettrait de réduire la pression sur les infrastructures et l’environnement tout en optimisant les retombées économiques. Le test grandeur nature aura lieu cet été, juste après le Grand Prix de Monaco, période traditionnellement synonyme d’afflux record sur toute la Riviera.
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**ENCADRÉ – Les initiatives vertes de la Riviera 2026**
• 30 plages et 8 ports labellisés Pavillon Bleu
• Mobilisation citoyenne contre les croisières polluantes (6 juin)
• Taxe de séjour écologique à 6,70% du coût HT
• Modernisation du front de mer de Juan-les-Pins
• Stratégie de désaisonnalisation mai-septembre
• Valorisation du patrimoine UNESCO niçois
• Ciblage tourisme premium et éco-responsable
